Mon père, ce pirate au sourire si doux

ajouté le 03.02.2014 dans Geulons un coup • par SwissTenguCommentaires
Tags: culture piratage copie

L'Industrie culturelle a réussi une chose formidable : elle a, de part sa nullité et sa voracité, poussé un honnête citoyen ayant payé jusqu'au dernier centime ses redevances, ses dvd, ses blurays et ses CDs, à se transformer en un pirate, rejoignant de ce fait le groupe que nos chers industriels détestent et veulent traquer.

Mais comment est-ce donc arrivé, me demandez-vous ? C'est fort simple, au final : il aura suffi de 5 étapes majeures.

Les supports physiques, c'est chiant

Surtout quand on a deux endroits géographiquement distants où on veut regarder les films qu'on a. Du coup, que faire ? L'offre légale en ligne étant ce qu'elles est (absente, donc), et partant du principe qu'on a déjà payé les droits, et qu'on veut pas en payer une seconde fois pour exactement le même contenu… On se retrouve un peu coincé, là, comme ça, bêtement.
On va donc copier, histoire de faire un backup, et de dupliquer les choses…
En plus, comme ça, on profite pour supprimer les publicités, les lancements pour des films qui ne nous intéressent pas et, surtout, les messages "pirater c'est mal". Messages qui ratent TOUJOURS leur cible, puisque présents uniquement sur les supports officiels…

On copie, mais…

Les dvd sont protégés, comme chacun le sait… Du coup, il est obligé de contourner une protection numérique "réputée efficace" (sans commentaire) pour effectuer sa copie de sauvegarde.
Or, contourner une mesure numérique "réputée efficace", bin c'est MAL. En Suisse, c'est accepté et légal, pour autant que cela serve uniquement le dessein d'une copie privée de sauvegarde. Mais, pour rappel, cette autorisation est très mal vue par l'IIPA, ces derniers désirant restreindre les droits des consommateurs au strict minimum pour les enfermer dans des petites boîtes (de dvd).
Pour nos industriels favoris ce brave citoyen est passé de fait dans le groupe des vilains tueurs de culture.

La galette, ce support périssable

Et là, c'est le drame : la découverte macabre de supports devenus illisibles dans la dvd-thèque. Ils ont beau être conservés au sec, au frais, à l'abris de la lumière, les dvd se foutent en l'air sans qu'on ne leur en donne la permission. Et deviennent, par conséquent, illisible.
Il en va de même pour les CD et les blurays, d'ailleurs.
Que faire dans ce genre de cas ? On rachète ? En payant une seconde fois toute la chaîne de distribution pour un bien qu'on possède déjà et qui, en plus, a le bon goût d'être périssable ?! Non mais ça va l'chalet ou bien ??

Dis, t'aurais pas ce film ?

Donc non, on ne va pas repayer pour quelque chose qu'on possède déjà. Un échange sur un vieux dvd étant impossible (y a plus de blister, y a plus le ticket, pis de toutes façons le vendeur n'est ni coopératif ni intéressé), on va se tourner vers son nouveau groupe : les pirates. Eux, ils savent parfaitement comment et où aller chercher le précieux contenu manquant. Notre bon citoyen s'en va donc demander à ses proches chapeautés et borgnes comment ils font, où ils se retrouvent, bref, comment ils piratent.

Et les blurays ??

Comme ce citoyen suit les tendances, il a acheté des blurays. Et est sur Mac. Ce qui va de suite le freiner assez brutalement dans ses copies, vu que Apple, dans le but de "ne pas enfermer ses utilisateurs" (ne pas rire…), a refusé de supporter le bluray.
Là encore, que faire ? Attendre que les galettes se foutent en l'air, en racheter, et recommencer ? À double en plus ?! Vous êtes sûr ?

Vu l'absence d'offre légale correcte, là encore, la solution est simple : les communautés de vils pirates sans foi ni loi. Mais avec un niveau de service supérieur, et de loin !
Et comme un dvd se copie et coûte moins cher, et qu'un lecteur dvd ne pourra, à priori, pas recevoir de mise à jour par le réseau lui faisant refuser vos galettes achetées légalement, ce citoyen ira acheter le dvd, et trouvera en ligne la version 1080p de son film, en évitant à nouveau les 10'000 messages anti-pirates dont regorgent les supports officiels.

Du coup… notre citoyen modèle aura, en quelques jours, appris à contourner des protections inutiles qui l'empêchent de jouir de droits qu'il paie (redevances pour la copie privée, ça vous parle ?), constaté que l'industrie culturelle fournit des produits périssables sans offrir de service de remplacement, et ne propose aucune solution pour dupliquer simplement ses contenus sur deux lieux

Voilà comment l'industrie remercie ses clients pour leur fidélité. Voilà comment l'industrie, de par son inertie et sa bêtise récurrente, a réussi à pousser un de ses (excellents) clients vers le piratage.

Et pour celles et ceux qui doutent de tout cela : ce citoyen, c'est mon père, qui a toujours regardé d'un mauvais œil mes disques durs chargés de culture. Et qui me demande maintenant comment faire pour sortir de sa petite boîte créée de toutes pièces par une industrie vétuste et refusant d'évoluer avec les technologies, préférant investir des millions si ce n'est plus dans une protection irréalisable, dans des mesures de coercition et des pots de vin pour faire passer tout ça…

Bravo les Majors et autres industriels poussiéreux de la branche, vous avez réussi en quelque jours ce que je n'aurais pas pu accomplir en une vie : transformer mon père en pirate.

T.
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