Internet sans filtre

ajouté le 2013-01-18T11:44:47 dans Suisse • par SwissTenguCommentaires
Tags: netneut filtrage clivage

Certaines idées ont la tête dure. Entre autre, le fait que le filtrage sur Internet, ça marche. On a beau le dire, redire, répéter, chanter, hurler, taper sur la gueule... non, cette idée reste.
Chose bizarre, c'est principalement dans la tête de vieux incompétents que ça reste le plus ancré. Preuve en est cette interpellation de la part d'un élu socialiste suisse, qui trouve scandaleux que Swisscom (et les autres) ne filtrent pas les plateformes permettant l'accès à du contenu protégé par le droit d'auteur.

Selon lui, c'est aussi grave que la pédophilie ou le racisme, et mérite comme tel le même traitement. Sisi, il le dit dans son point 2 :
Que pense-t-il, dans la perspective de lutter contre de telles plateformes, des expériences faites depuis plusieurs années par fedpol/SCOCI, qui ont développé un instrument manifestement efficace contre différents états de fait (notamment racisme, pornographie enfantine)?

Après tout, tous ces vilains pirates qui téléchargent sans vergogne, faut les filtrer ! Ce sont sans doute des psychopédonazi en puissance, ils accèdent à plein de choses !

Mais de quoi parle-t-on réellement ? Le Monsieur en question s'émeut de la diversité des contenus accessibles en 3 clics. Contenus disponibles, parfois, gratuitement, contre quelques publicités. Et encore, je connais des lieux sans publicité aucune, avec des campagnes de don mensuelles pour payer les serveurs, sans bénéfice aucun.
Mais, et c'est là tout le problème pour certains, qui ne reversent rien de rien à qui que ce soit de la grande et joyeuse famille des ayant-droits (en même temps, quand on voit ce que les Majors demandent, on peut comprendre... Trop gourmands, et ne reversent pas assez derrière - faut bien nourrir les différents actionnaires et la direction hein ;) ).

De combien parle-t-on ? De combien lèse-t-on les ayants-droits, en particulier les auteurs (oui, parce que n'oublions pas qui est compris dans le terme "ayant-droits" : l'auteur certes, et une quantité plus ou moins importante de parasites plus ou moins inutiles, qui tentent de convaincre encore maintenant que seuls eux savent faire de la pub et trouver des talents).
Selon une récente étude sur la musique, il s'agit d'environ... attention, tenez-vous bien... 6% du revenu (oui, six, sechs, sei, ?).
Pour six malheureux pour cent, on est prêt à vouloir :
- nous filtrer le Net
- nous surveiller
- nous balancer des amendes dont les montants suffiraient à envoyer une mission sur Mars
- geindre à qui mieux mieux pour grappiller des subventions pour soutenir une industrie mourante faute de mutation et d'adaptation
- nous prendre la tête avec des sujets somme toute futiles, au lieu de mettre les moyens sur les vrais problèmes (et solutions)
- investir des centaines de millions de francs (dollars ou autres) dans la lute contre le piratage (ce terme.. bordel, il me sort par les trous de nez aussi) au lieu de l’investir de manière durable dans l'innovation (qui, chose marrante, permettrait à l'industrie de continuer de marcher)
- continuer de nous emmerder avec des DRM nous empêchant de jouir pleinement de notre galette achetée à prix d'or (pour du plastique)
- nous imposer des clips contre le piratage sur les galettes qu'on a ACHETÉES
- ... et encore tant de chose.
Six pour cent. Même mes cotisations sociales me ponctionnent plus que ça !

Alors oui, on va me sortir le sempiternel "ouiii mais là, c'est le marché US, alors on peut pas comparer, ici c'est différent" et autres salades du genre. Et j'aime pas la salade.

Je le dis franco : je commence à vraiment saturer de voir ce genre de blahblah toujours ressortir. Au lieu de se poser les bonnes questions, on continue de tourner en rond dans un bocal au verre tellement sale que plus personne ne voit ce qu'il y a dehors.

Parmi les questions réelles à se poser :
- Est-ce que les DRM ne posent pas plus de problèmes qu'ils n'en règlent ? Après tout, ces technologies coûtent cher à développer et exploiter, mais ne servent à RIEN (y a qu'à voir la quantité de contenus en ligne ;)
- Est-ce qu'on peut contacter les plate-formes """illégales""" et voir avec elles pour un accord (au lieu de les flinguer)
- Peut-on faciliter la création de plate-formes légales en allégeant les prérequis actuels (promesses de revenus, paiements de licences à des prix inhumains etc)
- Revoir la fameuse cascade de distribution qui, à l'heure actuelle, fait plus de mal que de bien (à cause de ce concept vétuste, les régions DVD/BVD ont été mises en place, des délais pour la vente en bac de musique imposés etc - autant de détails qui font que les consommateurs se tournent vers des solutions moins contraignantes)
- ... encore tant de questions du même type qui, au lieu de vouloir emprisonner le consommateur, pourra libérer la culture

Internet, c'est un outil merveilleux, pour autant qu'on sache l'utiliser et l'exploiter correctement. Il manque quelques cours à certaines personnes, manifestement.
Plus ça va, plus je me dis qu'on devrait imposer aux personnes désirant de causer "filtrage", "surveillance" etc, de prendre des cours dans des écoles spécialisées, de manière à comprendre de quoi il retourne. Les "Yaka Fokeu", c'est gentil un moment, mais après on sature.

Pour revenir à l'interpellation du Monsieur, la dernière phrase m'a fait bondir. Vraiment. Lisez, vous allez comprendre :
Dans ces circonstances, il est nécessaire que Swisscom fasse tout son possible pour se démarquer de façon claire et tangible de tels procédés illégaux et, partant, protéger ses abonnés ainsi que l'offre qu'elle propose.


En d'autres termes : "pour le bien du client, on le limite". Ajoutez à cela le "protéger l'offre qu'elle propose", et on se rend compte que, bizarrement, on va se retrouver dans la même situation qu'en France, avec des fournisseurs Internet qui font aussi du contenu... Mais rassurez-vous, y a absolument aucun conflit d'intérêt dans l'histoire.

Je ne suis même pas étonné qu'il cite les "essais" de la fedpol et du SCOSI, mais il faut arrêter de sortir les choses de leur contexte. Comparer le téléchargement [de sources] illégal[les] et la pédo-pornographie, faut oser, tout de même. Enfin, remarquez... Vu toutes les tribulations de ces dernières années, il fallait s'y attendre.
Seul petit détail : les réseaux visés par le SCOSI et autres ne sont PAS sur Internet. Depuis 2004 au moins, ils sont dans des réseaux parallèles, complètement invisibles.
Les propositions du Monsieur ne feront rien d'autres que de pousser les gens vers ces réseaux, si elles aboutissent à quelque chose.


Oh, en passant : vous pensez que, si ce genre de trucs se met réellement en place, y aura un pack "accès Torrent" dans l'abonnement ? ;)

T. (en mode coup de gueule sévère)
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Aelia , le 2013-01-18T12:55:20

À savoir qu'il est probablement impossible de faire la différence entre un téléchargement "illégal" via bittorrent et une mise à jour de World of Warcraft (exemple pris au hasard). En effet, tous deux utilisent le même protocole, donc bonne chance pour faire le tri entre les deux.

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Alias , le 2013-01-18T13:22:06

Mais si, on peut faire la différence: un petit coup de Deep Packet Inspection et hop!

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Aelia , le 2013-01-18T13:32:20

Le deep packet inspection n'est pas suffisant pour faire la différence entre deux swarm bittorrent, il faut garder un état de tous les clients connectés au swarm, en plus de tous les trackers etc. Donc en gros il faut que toutes les offres "légales" soient répertoriées pour bloquer les offres "illégales" ?
Très pratique...

M'enfin ça rentre dans la partie application et ce genre de personnes n'ont aucune idée de la difficulté de mettre en place un système qui marcherai peut-être.

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Sarcsame citoyen , le 2013-01-18T15:36:44

Mais vu par quoi on est dirrigé vas quant même falloir faire attention ... lol

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