Mon père, ce pirate au sourire si doux

ajouté le 03.02.2014 dans Geulons un coup • par SwissTenguCommentaires (0)
Tags: culture piratage copie

L'Industrie culturelle a réussi une chose formidable : elle a, de part sa nullité et sa voracité, poussé un honnête citoyen ayant payé jusqu'au dernier centime ses redevances, ses dvd, ses blurays et ses CDs, à se transformer en un pirate, rejoignant de ce fait le groupe que nos chers industriels détestent et veulent traquer.

Mais comment est-ce donc arrivé, me demandez-vous ? C'est fort simple, au final : il aura suffi de 5 étapes majeures.

Les supports physiques, c'est chiant

Surtout quand on a deux endroits géographiquement distants où on veut regarder les films qu'on a. Du coup, que faire ? L'offre légale en ligne étant ce qu'elles est (absente, donc), et partant du principe qu'on a déjà payé les droits, et qu'on veut pas en payer une seconde fois pour exactement le même contenu… On se retrouve un peu coincé, là, comme ça, bêtement.
On va donc copier, histoire de faire un backup, et de dupliquer les choses…
En plus, comme ça, on profite pour supprimer les publicités, les lancements pour des films qui ne nous intéressent pas et, surtout, les messages "pirater c'est mal". Messages qui ratent TOUJOURS leur cible, puisque présents uniquement sur les supports officiels…

On copie, mais…

Les dvd sont protégés, comme chacun le sait… Du coup, il est obligé de contourner une protection numérique "réputée efficace" (sans commentaire) pour effectuer sa copie de sauvegarde.
Or, contourner une mesure numérique "réputée efficace", bin c'est MAL. En Suisse, c'est accepté et légal, pour autant que cela serve uniquement le dessein d'une copie privée de sauvegarde. Mais, pour rappel, cette autorisation est très mal vue par l'IIPA, ces derniers désirant restreindre les droits des consommateurs au strict minimum pour les enfermer dans des petites boîtes (de dvd).
Pour nos industriels favoris ce brave citoyen est passé de fait dans le groupe des vilains tueurs de culture.

La galette, ce support périssable

Et là, c'est le drame : la découverte macabre de supports devenus illisibles dans la dvd-thèque. Ils ont beau être conservés au sec, au frais, à l'abris de la lumière, les dvd se foutent en l'air sans qu'on ne leur en donne la permission. Et deviennent, par conséquent, illisible.
Il en va de même pour les CD et les blurays, d'ailleurs.
Que faire dans ce genre de cas ? On rachète ? En payant une seconde fois toute la chaîne de distribution pour un bien qu'on possède déjà et qui, en plus, a le bon goût d'être périssable ?! Non mais ça va l'chalet ou bien ??

Dis, t'aurais pas ce film ?

Donc non, on ne va pas repayer pour quelque chose qu'on possède déjà. Un échange sur un vieux dvd étant impossible (y a plus de blister, y a plus le ticket, pis de toutes façons le vendeur n'est ni coopératif ni intéressé), on va se tourner vers son nouveau groupe : les pirates. Eux, ils savent parfaitement comment et où aller chercher le précieux contenu manquant. Notre bon citoyen s'en va donc demander à ses proches chapeautés et borgnes comment ils font, où ils se retrouvent, bref, comment ils piratent.

Et les blurays ??

Comme ce citoyen suit les tendances, il a acheté des blurays. Et est sur Mac. Ce qui va de suite le freiner assez brutalement dans ses copies, vu que Apple, dans le but de "ne pas enfermer ses utilisateurs" (ne pas rire…), a refusé de supporter le bluray.
Là encore, que faire ? Attendre que les galettes se foutent en l'air, en racheter, et recommencer ? À double en plus ?! Vous êtes sûr ?

Vu l'absence d'offre légale correcte, là encore, la solution est simple : les communautés de vils pirates sans foi ni loi. Mais avec un niveau de service supérieur, et de loin !
Et comme un dvd se copie et coûte moins cher, et qu'un lecteur dvd ne pourra, à priori, pas recevoir de mise à jour par le réseau lui faisant refuser vos galettes achetées légalement, ce citoyen ira acheter le dvd, et trouvera en ligne la version 1080p de son film, en évitant à nouveau les 10'000 messages anti-pirates dont regorgent les supports officiels.

Du coup… notre citoyen modèle aura, en quelques jours, appris à contourner des protections inutiles qui l'empêchent de jouir de droits qu'il paie (redevances pour la copie privée, ça vous parle ?), constaté que l'industrie culturelle fournit des produits périssables sans offrir de service de remplacement, et ne propose aucune solution pour dupliquer simplement ses contenus sur deux lieux

Voilà comment l'industrie remercie ses clients pour leur fidélité. Voilà comment l'industrie, de par son inertie et sa bêtise récurrente, a réussi à pousser un de ses (excellents) clients vers le piratage.

Et pour celles et ceux qui doutent de tout cela : ce citoyen, c'est mon père, qui a toujours regardé d'un mauvais œil mes disques durs chargés de culture. Et qui me demande maintenant comment faire pour sortir de sa petite boîte créée de toutes pièces par une industrie vétuste et refusant d'évoluer avec les technologies, préférant investir des millions si ce n'est plus dans une protection irréalisable, dans des mesures de coercition et des pots de vin pour faire passer tout ça…

Bravo les Majors et autres industriels poussiéreux de la branche, vous avez réussi en quelque jours ce que je n'aurais pas pu accomplir en une vie : transformer mon père en pirate.

T.
 

IIPA, the return

ajouté le 13.02.2013 dans Suisse • par SwissTenguCommentaires (7)
Tags: IIPA piratage recommandation301

Hey, vous savez quoi ? Nos potes d'outre-atantique de l'IIPA ont rendu leur rapport annuel. La Suisse a l'honneur d'être, à nouveau, sur la watch list. Pour le moment, c'est juste la watch list normal. Pour la petite histoire, le "301 Country Recommandation" comporte 4 niveaux :
- "Countries deserving special mention" (pays méritant une mention spéciale)
- "watch list" (à surveiller),
- "priority watch list" (à surveiller de manière prioritaire),
- "Priority foreign country" (pays étrangers prioritaires).

Je vous laisse lire la petite lettre d'accompagnement qui explique pourquoi l'Ukraine est un vilain pays qui mérite de se faire battres les couilles à coups d'oursins enragés (comprendre : on la met dans la 4ème catégorie). La Suisse n'y est mentionnée que pour dire "faut la maintenir dans la watch list" - rien de réellement utile…

On va attaquer le morceau qui est vraiment drôle : le rapport sur la Suisse, et là, à nouveau, c'est du LOL en barre tailles XXXL.

On commence très fort, par des chiffres sortant d'un chapeau magique : "le pourcentage d'utilisateurs suisses d'Internet accédant à des contenus non-licenciés en un mois est passé de 30 à 35%". Ce chiffre magique de 35% n'est pas sans rappeler un chiffre sorti du chapeau d'un certain président français…
Lire la petite note de pied de page indiquant la source est très drôle : "IFPI, basé sur les chiffres de comScore, Inc."… Bon, déjà, l'IFPI, on sait tous ce que j'en pense.
Ensuite, comScore, c'est qui ? Un petit tour sur Wikipedia permet de se faire une toute petit idée : en gros, ils demandent à des utilisateurs d'installer des spywares (enfin, des "outils de monitoring", désolé ;) ) de manière à voir ce qu'ils font, la manière dont ils utilisent Internet etc… En contre-partie, ces utilisateurs peuvent gagner des trucs, avoir des anti-virus gratuits etc. Bref, un attrape-nigaud qui rapporte gros non pas aux utilisateurs, mais à comScore, d'autant que ces derniers revendent leurs statistiques à un prix bien gonflé aux entreprises qui peuvent se permettre de les payer.
De là, on peut donc en déduire que l'IFPI, complètement fauchée, peut encore se permettre de débourser quelques milliers de dollars pour des stats. Mais passons.

À côté de cela, je me permets aussi de douter que, dans le cas hypothétique où des suisses seraient assez cons pour participer aux études de comScore, ces derniers ne téléchargent des contenus tout en ayant un spyware US sur leur machine… (quoique, l'humain étant particulièrement stupide voire con, tout est possible… "Filmez-moi, j'ai rien à cacher", "Surveillez-moi, j'ai rien à cacher" et autres "ouéééé, des goodies gratuits !" ;) .)
Bon, après, il est possible aussi qu'ils aient le spyware à leur insu, il semblerait que cela ait été possible à une époque…

On peut donc se demander dans quelle mesure comScore ne procède pas à l'enregistrement de données genre, au hasard, les adresses IP trainant sur les réseaux. Bah, c'est con, c'est pas tellement autorisé, pour les IP suisses !
Il va sans dire que je serais TRÈS curieux de mettre la main sur ces données comScore, agitées par l'IFPI sans rien de palpable derrière.

Mais continuons, y a encore quelques perles, avec les "recommandations prioritaires" :
° Faire respecter le "Copyright Act" sur l'Internet Suisse
° Si nécessaire, amender la loi suisse de manière à permettre la collecte de données à travers les réseaux de manière à pouvoir faire respecter le copyright
° … On va arrêter là je crois :).

Le Copyright, ce n'est pas une notion voulant dire quelque chose dans le droit suisse, voire européen : il s'agit d'une notion purement anglo-saxone, et ne fonctionne pas de la même manière !
Et, à tout prendre, je préfère nettement la LDA à-la Suisse plutôt que le copyright à l'américaine.
De plus, nos amis de l'IIPA oublient une petite notion fondamentale : les états sont souverains, même quand ils signent des accords internationaux, comme ceux de l'OMC par exemple. Ils devraient pourtant le savoir mieux que quiconque, les USA étant les champions du "on signe, mais en fait, on s'en branle", parce que leur législation (et, accessoirement, leur puissance) le leur permet.
Donc, demander à l'USTR (donc au gouvernement US) de faire en sorte que les lois suisses soient amendées, c'est, comment dire… :] Good luck, old chaps!

Chose marrante, ils se lamentent encore de la décision Logistep, et considèrent que c'est toujours aussi catastrophique. On va pleurer, sérieux.

Parmi les autres recommandations marrantes :
- ils voudraient que l'USTR puisse prendre part au groupe de travail mis sur pied par le SECO.
- dans la partie amendements, ils voudraient que la Suisse revoit la partie "copie privée", de manière à nous enfermer à la mode US — c'est clairement pointé du doigt…
- toujours dans cette même partie, ils voudraient que la Suisse enlève la partie autorisant le contournement des DRM — cela aussi est pointé du doigt.
- ils tapent aussi sur les "privilèges" des stations radio d'état (genre, au hasard, la RTS), privilèges qui se font au détriment des auteurs et producteurs…
- au point 4, on comprend nettement mieux qui représente l'IIPA : ils tapent sur le fait que les droits voisins ne représentent "que" 3% du prix de vente, contre 10% pour le reste… Pauvres voisins, ils touchent vraiment pas assez, c'est pas normal ;).
Bref, pour l'IIPA, le droit suisse, c'est de la merde, faut qu'on nous apprenne comment gérer les choses.

Petit point marrant : semblerait qu'on soit particulièrement friand du "camcording" en Suisse, du moins, selon l'IIPA, la législation Suisse ne fait rien contre… Vrai que je vois tous les jours un mec dans une salle de cinéma avec sa caméra.
Hey, IIPA, au cas où tu ne le sais pas, la cascade de distribution de tes membres fait que la Suisse est parmi les derniers pays à avoir les films en salle - les screeners ne viennent PAS de chez nous ! #boulay.

En conclusion, je dirais juste que :
Je suis très fier que la Suisse soit sur la watch list de l'IIPA. Cela signifie que les utilisateurs (pardon, con-sommateurs) ont encore le droit d'utiliser ce qu'ils achètent sans trop de restrictions. Cela signifie qu'on peut encore employer des systèmes alternatifs genre Linux, VLC ou encore MPlayer pour lire les contenus culturels (que, je le rappelle, les membres de l'IIPA nous vendent !).
Pourvu que cela ne change pas. Ou, si changement il y a, qu'il soit du côté de l'IIPA et ses membres qui, comme à leur habitude, jouent les survivors du Tarentien. Hey, les mecs, y a un monde qui évolue, dehors !

Yippee-ki-yay, motherfuckers.

T.
 

Le foot, ce tueur de culture

ajouté le 07.01.2013 dans Suisse • par SwissTenguCommentaires (1)
Tags: culture piratage foot 20minutes

Ce matin, dans le train (pour une fois à l'heure), je suis tombé sur un petit encart du 20 Minutes (faut bien s'occuper pendant le trajet), page 13…
Il parle des entrées de cinéma pour 2012, en particulier du fait que le nombre d'entrées a augmenté de 2.4% (sacrés pirates), et que les revenus des exploitants (j'aime ce mot) ont progressé de 3.4%.
On note de suite que l'augmentation du revenu des exploitants est supérieure à l'augmentation des entrées - merci l'augmentation du prix du billet, en particulier pour les projections 3D…
Et l'article de conclure par cette petite phrase anodine que j'ai de suite adoré:
Faute de participation à l'Eurofoot, les Suisses sont aussi allés au cinéma durant l'été

Il va sans dire que mon amour immodéré pour le "pouet-pouet-gooooooaalll-pouet-pouet" m'a poussé à réagir de suite ;).

Après le téléchargement "illégal", la nouvelle menace culturelle du ballon rond ? Vu le degré de régression observé chez les supporters, le fait que le foot soit une menace contre la culture ne m'étonne même pas. Faudrait taxer les billets des matches pour soutenir la culture, moi j'dis !

Oh, et, ces statistiques sont sorties par Procinema, l'association faîtière de la branche (qui ne s'occupe donc que des exploitants et des distributeurs).
En passant, leur page pour le Top25 est intéressante… Me demande dans quelle mesure certaines personnes de ma connaissances ne pourraient pas récupérer ces statistiques hebdomadaires et travailler dessus pour sortir des chiffres… Je dis ça, je dis rien ;).

Qu'on ne vienne plus me parler des dangers du piratage. Jamais !

T.
 

RTS, Wikileaks et les Pirates

ajouté le 18.12.2012 dans Suisse • par SwissTenguCommentaires (10)
Tags: piratage wikileaks rts paradiso

Une connaissance m'a parlé d'une émission passée en-dessous de mon radar : Paradiso, plus précisément celle du mardi 11.12.2012 dernier.

On y parlait de la vie des musiciens en Suisse romande, avec comme question cruciale "Peut-on vivre de la musique en Suisse romande? Et si oui, comment?", dossier préparé par Benjamin Luis.
Vous voyez sans doute le truc venir gros comme un camion.

Les invités étaient on ne peut plus partiaux et de connivence :
- Géraldine Savary, Conseillère aux États (et non nationale comme dans la description de l'émission), membre de pas mal d'associations d'artistes.
- Vincent Salvadé, directeur général adjoint de SUISA et "chef" du groupe "Membres et Licences" de SUISA (et non directeur général tout court comme dans la description de l'émission)
- Pascal Rinaldi, auteur, compositeur et interprète (et pas simple musicien…)

Vous voyez le topo. On passera sous silence le manque complet de précision ainsi que les erreurs dans la présentation de l'émission - Mme Savary a corrigé oralement au début de l'émission, les autres n'ont pas relevé. Bon travail de journaliste, ça commence fort.

Tiens d'ailleurs, ça entre en pleine collision frontale avec la Charte déontologique et valeurs de la RTS :
Dans "Les valeurs", "Pratiques professionnelles", page 21 (7 du PDF), il est écrit, entre autres :
L’identité des personnes interviewées, leur nom et leur fonction, sont mentionnés de façon transparente pour informer complètement le public sauf si l’intérêt de protéger la vie privée de la personne l’emporte sur l’identification.


Un beau #Fail. Notons au passage que la page de l'émission comporte toujours les erreurs à l'heure actuelles (une semaine après)…

On va se concentrer sur le contenu de l'émission - il y a aussi des perles, et pas des moindres… On va y aller dans l'ordre, avec, quand nécessaire, le "timestamp". Je vous aurais bien mis les extraits de l'émission, mais à priori on n'a pas le droit de la télécharger (à d'autres, vous croyez vraiment que je me suis fait chier avec le lecteur pourri en flash ?! ;) ).

05:38 : Vincent Salvadé - directeur de la SUISA (vu plus haut, c'est faux… le directeur est Andreas Wegelin)
05:43 : Géraldine Salv… Savary, Conseillère nationale (vu plus haut…)

On passera sur la présentation de la SUISA par Vincent Salvadé - on commence à la connaître, et, franchement, c'est pas sur eux que je vais taper ce soir, il y a assez à faire avec la RTS. Chose intéressante : SUISA (amalgamé sous le terme "droit d'auteur" par Vincent Salvadé) n'est pas la première source de revenu des artistes (~6:45)… On le garde sous le coude pour une prochaine fois :].

07:10 : On a ensuite droit à un bel exemple de travail journalistique attentif aux réponses de son interlocuteur : une bonne question (sur un CD à 20 francs, combien touche l'artiste), réponse détaillée de la part de M. Salvadé (base de 10%, donc deux francs, soit, sur un cd de 10 pistes, 0.20CHF par piste)… Et plus rien. Une question intéressante aurait été "Mais où passent les 18CHF que le consommateur paie, si ce n'est pas chez l'artiste ??" - mais non. Que dalle.
On est entre amis, vous comprenez. On ne va pas risquer de leur tirer une balle dans le pied, hein. Ça ne serait pas professionnel.

Vers 8:30, on apprend qu'un passage radio peut être payé jusqu'à 30CHF (en fonction de la "valorisation" et d'autres facteurs). Cela revient tout de même à du 360CHF/heure, si on table sur une durée de 5 minutes… Pas mal. J'ai l'air de quoi avec mon tarif de 33CHF/heure moi ?! Et je bosse réellement, j'attends pas que ça me tombe dans la poche (oui, je sais, l'auteur a bossé avant, tout ça).

9:30 : on apprend que la SUISA fait un fond de prévoyance pour la retraite des artistes, et qu'il se débloque à partir de 63 ans… Donc un artiste va toucher :
- l'AVS de la part de l'Etat
- son 2e voire 3e pilier
- la pension SUISA
- les droits d'auteurs propres à ses œuvres et dérivés, puisqu'elles sont couvertes jusqu'à 70 ans APRÈS sa mort.
Y a de quoi potentiellement avoir une belle retraite (certes, sans doute pas en Suisse, mais j'aimerais bien savoir un peu les montants). Au fait, c'est quel âge, la retraite, de nos jours (hors métiers physiquement pénibles) ?

13:45 : Géraldine Savary énonce un fait intéressant : les musiciens manquent d'organisation, ne savent pas comment se regrouper ou autres. Ils font leurs petites affaires dans leur coin, et, au final, s'étonnent de ne toucher que des cacahuètes… Je sens qu'un certain Parti va devoir prendre les choses en main, et fédérer un peu tout ce petit monde histoire de leur expliquer comment ça se passe, SURTOUT au XXIème siècle. Avec les technologies du moment, pas celles datant du siècle passé (suivez mon regard).

21:00 : Elle a l'honnêteté d'avouer que son postulat a été posé "comme ça", sans même avoir un début de réponse. Elle a voulu juste attirer l'attention sur un problème, et, à voir, est plus partante pour une responsabilisation que la course aux vilains pirates. Mais… (voir plus bas.)

24:11 Géraldine Savary énonce une vérité vraie et indéniable : "les lois sont en retard d'une guerre". Le problème, c'est que la "guerre" date un peu elle-même, et les problèmes adressés maintenant auraient dû l'être il y a genre 10 ans… Ce n'est plus une, mais deux voire trois "guerres" en retard. Avec, à chaque fois, des conneries sans nom faites par nos chers Majors et autres saletés de ce genre qui, au lieu de réfléchir 30 secondes, préfèrent écraser le problème et le remiser au fond d'un placard… Sauf qu'Internet, c'est pas vraiment un placard ;). Et employer le terme de "guerre" laisse présager des joyeusetés à venir ;). Pas certain que les auteurs en sortent gagnant.

24:37 : là, on touche le fond : "la Suisse en train de devenir une sorte d'Eldorado du téléchargement, parce qu'il y a beaucoup de gens qui commencent à penser, par exemple quand il y a eu les affaires de Wikileaks, entre autres, ou voire même d'autres sites de téléchargement illégal…" Wait… WAHT ?!

Cet espèce de sombre crétin (pardon), incapable de préparer son émission et de présenter correctement les intervenants, a en plus l'esprit assez dérangé pour comparer Wikileaks aux "sites de téléchargement illégal" ?!
Primo, le "téléchargement illégal" n'a pas cours en Suisse, ça a même été dit plus tôt dans l'émission (genre, 1 minute avant).
Deuzio, Wikileaks n'a juste RIEN à voir avec un site de téléchargement illégal. Tant qu'on y est, allez comparer We Fight Censorship à du piratage de contenus soumis au droit d'auteur -.-. RSF sera RAVI !
J'ai cru m'étouffer quand j'ai entendu ça, pourtant je ne suis pas du genre à m'émouvoir en entendant des conneries monstrueuses. Mais là, faut avouer, c'est gros… Très gros. #CMB (oui, je sais.)

Ensuite, il continue, en disant que "La Suisse ne respecte pas des accords internationaux auxquels elle doit se conformer" (faux! la Suisse les respecte à la lettre, sauf que ce n'est pas du goût de certains), comme quoi ça nous a placé sur une liste noire du gouvernement américain (vrai, mais faux, c'est pas le gouvernement, mais l'IIPA, émanation des Majors, donc du privé)…
On va passer sur l'insistance du "journaliste" sur le fait que le téléchargement illégal est assimilable à 100% à un vol…
Heureusement, Géraldine Savary nuance les propos. Là, je dois avouer, elle m'étonne en bien. Vraiment. Il faudrait qu'un certain Parti l'approche, et discute réellement avec elle, il y a matière pour faire une collaboration utile qui avance.

Par contre, à partir de 27:00, on sent une très légère dérive pointer le bout de son nez : responsabilisation des intermédiaires, Swisscom et les autres fournisseurs d'accès sont cités… À leur niveau, il n'y a pas 10'000 solutions :
- surveillance des utilisateurs et de l'utilisation;
- licence globale, ou assimilée.
La licence globale n'étant "pas applicable" ni "réaliste" selon certains, restera quoi ? ;)
Cette responsabilisation est présentée comme "seule" alternative à la méthode répressive type HADOPI. Moui. Y en a d'autres, mais évidemment, vu la diversité des invités de l'émission, on ne pourra pas en entendre parler.

Une petite dernière ? Le journaliste parle de Youtube, prétend que cette société n'a pas de siège en Suisse, et donc que c'est très compliqué de négocier avec… Hey, gros, Youtube, c'est Google, et Google, ils ont un siège à Zürich. OK c'est en germanique, mais ça reste Suisse ! Vincent Salvadé le lui fait remarquer, avec tact comme d'habitude (il est sympa, pour avoir eu un débat face à lui).

On passera aussi sur le fait que "c'est du streaming, donc on peut pas télécharger" sorti par l'autre abruti (désolé, mes nerfs sont partis trop loin pour que je puisse les rattraper).

Bref. J'avoue m'être étranglé plus d'une fois à l'écoute de cette… "émission". Le fait que l'organisation ai été faite avec uniquement des personnes du "même bord" entre en conflit direct avec la fameuse Charte de déontologie :
La RTS s’interdit dans les émissions d’information toute manipulation de la réalité, toute forme de trucage des images, des sons et des textes non reconnaissable par le public. Si la réalité est travestie pour des raisons utiles à la compréhension d’un sujet, par exemple lors de reconstitutions ou de parodies, le public en est clairement informé ou doit pouvoir clairement identifier la séquence comme telle.

Avec aussi ceci :
La véracité est le souci permanent du travail d’information, qui prend en compte tous les faits disponibles et accessibles et évite d’omettre ou de déformer une information essentielle, pour ne pas accréditer une thèse particulière et pour garantir la crédibi­lité des programmes. Dans ce même esprit, la RTS évite de relayer les rumeurs et les informations non vérifiées ; quand c’est le cas, elles sont mentionnées comme telles.


Pour moi, cette émission est une manipulation de part l'absence de personnes avec des idées opposées, qui n'ont même pas été citées comme étant des alternatives. Aucune mention du Parti Pirate, qui pourtant se pose "légèrement" comme interlocuteur de choix. Les faits abordés sont exposés de manière approximative et totalement imprécises, tout en étant biaisés pour que l'interprétation de l'auditeur se fasse dans un sens uniquement. Et là, c'est mal.
Pour un service public, payé par les citoyens, ce n'est pas acceptable. J'ai, bien entendu, prévenu 2-3 personnes de l’existence de cette mascarade, et des communiqués sont en cours de préparation.

Il serait temps que certaines personnes réapprennent à faire leur métier correctement… Ça ne ferait pas de mal.

Oh, et, en passant : je confirme le dernier propos de Géraldine Savary, à propos du téléchargement (pardon, piratage) de l'émission ;). À ce propos, via Billag, je paie des droits d'écoute, via SUISA, je paie des droits "copie privée"… Donc non, ce n'est pas du piratage, tout au plus la jouissance de ce qu'on paie.

T, auditeur mécontent ne supportant pas l'imprécision.
 

Obsolescence culturelle et autres considérations

ajouté le 25.10.2012 dans Suisse • par SwissTenguCommentaires (11)
Tags: culture obsolescence piratage fomch

Il y a deux concepts qui semblent acquis à tout jamais dans le monde de la culture : l'obsolescence (aka rareté), et la cascade de distribution.

Ces deux concepts sont complètement absurdes pour au moins trois secteurs culturels : la littérature, la musique et le cinéma.

Pourquoi ? Simplement parce que ces trois secteurs sont numérisables assez simplement (note: pour les vieux films, c'est moins simple, mais toujours faisable), ce qui induit la possibilité de distribution illimitée dans le temps et en quantité. Ces concepts sont un non-sens et, j'ose le dire, une insulte à l'intelligence (toute relative) du public désirant assouvir ses besoins de consommateurs en… consommant, tout simplement. (Bon, le besoin de consommer est un concept tout aussi immonde, provenant de notre société et de son modèle, mais c'est une autre histoire, tout autant intéressante certes.)

Explications.

Actuellement, un éditeur achète les droits pour pouvoir produire ses supports physiques de manière exclusive, vend ses supports, et une fois arrivé au fond du stock, s'il voit la moindre inflexion dans le chiffre de vente, il ne va pas reconduire la production. Il arrête là. J'en vois déjà des qui s'agitent en disant "mais c'est faux, c'est trop simplifié !".
Le public perd donc un bout de culture. Certes, parfois cela vaut mieux (je vous laisse vous faire une liste des "DO NOT WANT" qui vous viennent en tête), mais ce n'est en tous cas pas à un éditeur de décider ce qui est bon ou non culturellement pour le peuple. Le peuple en question est censé avoir un esprit critique, et lui seul est apte à faire le tri de ce qu'il veut ou non. (Oui, bon, "esprit critique"… Peut-être faudra-t-il qu'il l'affûte un poil tout de même - après, tous les goûts sont dans la nature. Certain[e]s aiment vraiment Justin Bieber !)

De ce fait, on assiste à un appauvrissement des catalogues, parce que les "vieilleries" sont écartées au fur et à mesure. Oh, pas toutes. Elvis se vend encore très bien, alors on le ressert à toutes les sauces. Idem pour des films genre Blade Runner ou autres. Mais les petites choses n'intéressant qu'un nombre limité de personnes, on oublie. Introuvable, à moins qu'on n'aille fouiller les sites de seconde-main, ou qu'un vide-grenier autour de chez vous ne livre ses perles rares. Et, parfois, mieux vaut ne pas trop regarder l'état :(. Le pire étant si on désire une collection importante de livres (genre les 150 premiers tomes d'une série débutée dans les années 1960… bonne chance pour les trouver).

Une autre solution vient naturellement à l'esprit : Internet. Après tout, par ce biais, on accède à des dizaines, des centaines, des milliers de catalogues alternatifs. Certains légaux (mais rares, et limités), d'autres un peu plus dans la zone grise, celle qui fait bondir ces mêmes éditeurs qui se plaignent de la baisse de leurs ventes (on attend toujours les vrais chiffres des pertes dues au piratage et non à la baisse de qualité du "produit" qu'on tente de nous enfiler par tous les trous à prix prohibitifs).
Cela valide pas mal l'idée que les pirates font un backup de la culture mondiale à leurs frais (matériel de stockage, connexion Internet etc). En effet, c'est uniquement grâce à eux (et aux moteurs de recherche efficaces) que certains contenus sont encore plus ou moins disponibles.

Au final, ces pirates remplissent le rôle des éditeurs, à leurs frais, sur leur temps. Rôle que les éditeurs dédaignent du moment que le contenu perd un peu d'intérêt. De là, une conclusion s'impose d'elle-même : si le contenu n'est plus édité, donc plus disponible dans le monde, pourquoi ne passe-t-il pas d'office dans le domaine public ? Cela possède plusieurs avantages :
- ça va forcer l'éditeur à faire son job s'il ne veut pas que ça passe dans le domaine public (je vois des mains qui se lèvent - 2 minutes ;) )
- ça permettrait de supprimer cette durée de protection complètement ridicule (70 ans après la mort de l'artiste à l'heure actuelle, "still growing")
- ça permettrait à des œuvres d'avoir une seconde vie tant dans le domaine public que dans le monde physique, via des reprises, des remix, des citations etc

Pour les mains dressées qui s'agitent : rien n'empêche de mettre quelques conditions pour le sens donnée à "éditer un contenu culturel" : il faut produire au moins tant de pièces à l'année, distribuer dans au moins X pays. Et rien n'empêche de mettre un nombre d'année maximal durant lequel ce petit jeu pourra continuer. Bien que je ne me fasse pas d'illusion, on pourrait mettre une limite à 100 ans ça ne suffira pas à certains rapaces. Quoique s'ils sont obligés d'éditer, peut-être trouveront-ils que 20 ans suffiront largement :).
Pour un éditeur, le plus simple sera de numériser, et de mettre à disposition sur Internet, son pire ennemi depuis plus de 10 ans. Un juste retour de manivelle, non ? Cela permettrait d'avoir une foison de contenus numériques légaux comme jamais. De plus, l'argent n'ayant pas d'odeur, et ce encore moins sur Internet, l'éditeur n'aura absolument aucune raison de limiter l'accès aux contenus.
Si, en plus, le prix arrive à être correct, il n'y aura plus de raison de pirater les vieux contenus. Soit ils sont dispo sur une plate-forme légale, soit ils sont dans le domaine public. Point final.

Concernant le second concept, à savoir la cascade de distribution : le meilleur secteur pour voir son effet est le Cinéma : combien de fois avez-vous dû attendre des mois avant de pouvoir acheter un film, alors qu'il n'est même plus en salle dans votre pays ? Ça arrive à toutes les sorties de films, ou pas loin. Seuls les gros navets ont la «chance» de passer très rapidement dans les bacs des magasins, pour tenter de rapporter un peu d'argent et limiter la catastrophe.
Honnêtement, je n'ai jamais la patience d'attendre la sortie d'un film en dvd. Si je l'ai vu au cinéma et qu'il m'a plu, j'ai envie de pouvoir le revoir dans les deux semaines qui suivent. Sauf que le tarif "cinéma" est rédhibitoire. Et le DVD n'est pas dispo à la vente ni même la location. Par contre, il arrive souvent qu'on trouve au détour du Net une version relativement potable, permettant d'au moins se repasser les meilleures scènes et de patienter les 6-7 mois d'attente avant de pouvoir repasser à la caisse et obtenir la galette (qui, du fait de sa composition, est aussi une denrée périssable)… Alors, que fait-on, quand on ne veut pas attendre, et que rien ni personne ne vend légalement ce qu'on veut ? Bah, on se retourne vers le téléchargement. Encore.
Et, franchement, si on arrive à trouver une version plus que potable, ça diminue grandement les chances qu'on aille encore l'acheter. Après tout, on a payé la place de cinéma, ce qui, en Suisse, est très loin d'être gratuit (compter une vingtaine de francs suisse pour un ciné pas trop pourri, avec des sièges potables et un son pas trop bruité). On paie, en outre, des redevances "copie privée" sur pour ainsi dire tous les produits électronique qu'on achète (disque dur, tablette, smartphone, baladeur mp3, mediacenter etc). Alors, franchement... Encore payer ? Et qui plus est pour se faire insulter et agresser par les spots anti-pirate qu'on ne peut pas passer ?
Ou encore se faire enfiler une galette bourrée de DRM qu'on n'est même pas sûr de pouvoir lire sur son mediacenter ?
Sans compter les multiples limitations d'utilisation : mesures anti-copie (hey mais je paie des redevances pour la copie privée moi !), mesures empêchant de lire une galette US en Europe, etc. Autant de contraintes qui, au final, ont plutôt tendance à faire fuir le client, vous ne pensez pas ?

Le problème dans ce contexte est un poil différent du précédent : en effet, je doute que les cinémas soient ravis de voir que le film qu'ils passent est disponible dans les bacs en même temps. Encore que je ne sois même pas certain que ça influence sur le nombre d'entrées : une salle de cinéma, c'est pas pareil que son salon, même si on s'achète le super home-cinema de la mort qui tue. Y a pas l'ambiance, y a pas la même qualité.
Pour ma part, j'aime aller au cinéma. Faire la file, tenter d'obtenir "la" place centrée comme il faut, se lover dans le fauteuil et attendre avec impatience le début du film (avoir envie de trucider les gremlins en liberté qui gueulent et sautillent partout, maudire les 10 minutes de pubs toutes plus affligeantes les unes que les autres, aussi ;) )… Ouais, pour ma part, même si le film est dispo en galette, j'irai au cinéma. Et, si le film me plaît, j'irai le lendemain l'acheter dans un magasin. Ou à la sortie du cinéma, après tout, si ce dernier le vend (ah bin, hop, source de revenu supplémentaire permettant, pourquoi pas, de compenser tout ou partie d'un manque à gagner hypothétique).
Les seuls vrais perdants dans l'histoire, ce sont les loueurs de galettes. En effet, ceux-ci vont avoir un peu de mal. Mais c'est déjà de plus en plus le cas, avec la VoD de nos divers fournisseurs d'accès Internet et de services de télévision. Ce métier est appelé à disparaître de toutes façons, sauf quelques uns qui pourront tenir grâce à une clientèle fidélisée, ou des nostalgiques de la location de galettes. Mais, honnêtement, je pense qu'il serait temps de faire son deuil de cette branche. La location à l'air du numérique, c'est un peu comme une vieille locomotive à vapeur : c'est joli, ça fait sourire, peut-être un peu rêver, mais ça sert plus (dans les pays industrialisés).

Au final, l'obsolescence culturelle et le principe de cascade de distribution ne profitent qu'à une petite quantité de personnes, certaines appelées à disparaître de toutes façons. Certains métiers sont en sursis, ne survivant que grâce à cette cascade obsolète. Il faut tourner la page, et répondre aux besoins des clients. Ou alors continuer comme actuellement, à vouloir faire des lois, imposer des taxes (pardon, "redevances"), vouloir filtrer Internet à grands coups de DPI et autres idées très "trendy" actuellement. Une chose est sûre : le ridicule ne tue pas.
Dans une société où tout est de plus en plus immédiat, rester sur une position "on attend X mois entre le passage au cinéma et la sortie du DVD", ou encore "on attend X semaines entre le passage radio et la mise en vente du CD", c'est un peu comme refuser de suivre l'évolution. Comme si les dinosaures avaient refuser de geler sur place, en somme.
Comme déjà évoqué, le monde de la culture est sans doute le seul secteur se permettant de refuser des clients en fonction de limites géographiques. À l'heure d'Internet, réseau mondial accessible par un nombre impressionnant de clients potentiels, se permettre de dire "ce service (payant) n'est pas disponible dans votre pays" est une aberration.

J'ai, malheureusement, peu d'espoir qu'on arrive à une situation telle que décrite ci-dessus, avec un contenu culturel accessible en tous temps par divers moyens, sans limitation. C'est bien triste, parce qu'au final, les idées proposées ci-dessus ne semblent pas complètement stupides. Enfin, étant la personne les ayant émises, je ne suis sans doute pas le mieux placé pour les juger ;). Mais, d'un point de vue purement logique, je ne vois pas de faiblesse. Je ne pense pas non plus que les petits éditeurs (i.e. pas les gros US qui nous emmerdent à longueur d'année avec leur #copyrightmadness) vont en souffrir. Peut-être même au contraire, puisqu'on pourrait voir fleurir de nouveaux contenus basés sur de l'existant, passé dans le domaine public plus rapidement qu'actuellement possible.
Peut-être est-ce la bonne solution pour régler les différents entre les communautés d'internautes, les éditeurs et les artistes ?

Ça mérite qu'on creuse un peu non ?

T.


PS : ce billet avait été commencé le 21.10.2012, c'est-à-dire avant la parution de cet article sur Numerama. C'est une bonne idée de la part de la Commission Européenne, mais ils sont trop prudents, en ce sens que je doute qu'un puisse faire des projections en fonction des résultats de l'essai. En effet, le cinéma d'art et d'essai ne touche de loin pas le même public que les grosses productions américaines. Or, ce sont elles qui sont le plus piratées, et c'est principalement à cause de cet état de fait qu'on tente de nous enfiler par tous les moyens des ACTA, CETA et autres accords commerciaux de ce genre :(. À suivre de près tout de même, et il faudra se tenir prêt à pousser la CE à tenter l'expérience avec des films plus "mainstream". Je suis convaincu qu'on arrivera à régler pas mal de problèmes, et que ce sera, en plus, pour le bénéfice de tout le monde, y compris les consommateurs - ce qui change des autres idées/pistes explorées.