la Suisse et les baobabs

ajouté le 21.10.2013 dans Suisse • par SwissTenguCommentaires (1)
Tags: nsa suisse banques

Au vu de l'inertie complète de nos politiques et des media (je cite : "c'est dur de trouver des sources fiables"), il serait peut-être temps que les citoyens s'inquiètent un peu de ce qu'il se passe avec leurs données…

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La seule véritable info qu'on ait eue en Suisse, c'est une possible intrusion (enfin, plus "un intérêt marqué") chez SWIFT… logique, ça touche la finance.
On a bien eu un vague blah quant à un possible accord secret entre nos services de renseignement et la NSA. permettant aux premiers d'accéder à des données sans devoir se plier à la loi, et aux seconds de faire ce qu'ils veulent sur notre territoire au niveau des écoutes…
Démenti mollement par nos chers élus, et passage de patates chaudes à différents services/entités… Mais au final, à part un magnifique "on n'est pas au courant" de la part de l'organe censé surveiller les services de renseignement, il n'y a RIEN.

Alors qu'il me semble simple d'avoir des informations de première qualité :
- Swisscom fait partie de la corpo qui a planté les fibres trans-atlantiques, celles-là mêmes qui seraient employées tant par USA que UK pour une écoute centralisée au niveau des concentrateurs
- Swisscom a une filiale aux USA
- Swisscom a des filiales (ou du moins des parts soit majoritaire, soit pas loin) dans les principaux pays d'Europe

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Il serait donc assez simple d'avoir des informations par ce biais. Oh, ils veulent pas ? Bah c'est con, Swisscom, c'est 54% (ou 53 ? je ne sais plus) à la Confédération… Donc, en tirant un poil, au peuple. On a les moyens de faire cracher le morceau, largement.
Sauf que notre mentalité de bon petit suisse bosseur qui ne fait pas de vague nous en empêche, nous enchaîne dans une béate ignorance, renforcée par des slogans à la con du genre "Si vous n'avez rien à cacher, vous vous en ficherez" (sans jeu de mot) et autres "vous publiez déjà tout sur Facebook", voire, et c'est mon préféré, "c'est pour la sécurité [nationale]"…

Que peuvent, réellement, faire les communautés pour remédier à ceci ? Simple :
- communiquer
- campagnes d'affichage [sauvage ou pas]
- informer son entourage, pousser à agrandir les cercles de connaissances pour faire marcher le bouche-à-oreilles
- se rapprocher des hackerspaces pour organiser des cryptoparty, des séances d'information tout-public etc
- sans doute encore PLEIN d'autres possibilités du genre, tout en restant le plus proche possible des gens

Vu que la tête ne pense plus, il faut relocaliser l'initiative dans les pieds.

Il en va de notre vie privée, de nos informations personnelles censées être confidentielles et, surtout, protégées par les lois. L'inertie de notre gouvernement est tout bonnement criminelle, un "je m'en-foutisme" de haut vol — "nul n'est censé ignorer la loi", pour rappel… Or, notre gouvernement semble l'ignorer autant qu'il peut et complètement démissionner sur la question. Il faut dire qu'il a assez à faire avec les banques, ce ramassis de raclures qu'on sauve parce que "too big to fail", et qui continuent de plus belle à faire de l'évasion fiscale, des magouilles financières etc.

Ah, elle est belle, l'image du Pays, depuis quelques temps… Et en plus, on continue de donner les baobabs pour se faire battre tant par l'UE que les USA, nous empêchant ainsi de faire le moindre mouvement sous peine de se ramasser des coups de triques en mode rafale [ou Gripen, au choix].

L'exemple de la France est assez risible : tant que ça ne touchait potentiellement que le peuple, les dirigeants s'en fichaient comme de l'An 14. Mais maintenant que ça touche au monde des affaires et, potentiellement, au dirigeants, du coup ça nécessite des interventions [en carton] et des annonces [en mode Flamby qui fait "ploutch"].
J'attends avec la plus grande impatience de voir pareil en Suisse. Ce n'est pas comme s'il n'y avait absolument aucun intérêt :
- les banques
- l'industrie (hey, on a paraît-il une industrie à la pointe et tout)
- sans doute plein de secrets permettant d'avoir une prise sur la politique intérieure, et dont le citoyen lambda n'a même pas idée

Bref… faut se bouger. Vraiment. Et pas en mode tortue, pour une fois…
Les blogs existent, les sites web aussi, les journaux indépendants tout autant — il y a de quoi faire déjà à ce niveau. Viser la RTS et Le Temps, c'est, à mon sens, utopique. Le Courrier, Ithaque, Jet d'Encre et tant d'autres, par contre… faut biller dans le tas !

Ça finira bien par remonter, un tir de barrage finit toujours par percer, même si c'est une balle perdue ou un ricochet. Tant que ça arrive là où il faut, et que ça fait mal.

T, passablement agacé — mais ça doit se voir ;].
 

Chère assurance

ajouté le 26.09.2013 dans Suisse • par SwissTenguCommentaires (4)
Tags: assurances lamal bullshit

Vous connaissez mon amour pour le système d'assurance maladie suisse : des entreprises privées, censées ne pas pouvoir faire de bénéfice, collectent de l'argent auprès des citoyens et citoyennes pour assurer une couverture minimale des frais médicaux. Vraiment minimale, d'ailleurs, puisque des choses dont on ne peut pas vraiment se passer, comme des lunettes, ne sont pas remboursées pour les adultes, et au compte goutte pour les enfants. De même, les soins dentaires ne sont remboursés que sous certaines conditions, et encore faut-il avoir une complémentaire… Bref, du grand entubage comme on les aime tant.

Il faut aussi savoir que les primes ont tendance à augmenter chaque année de manière très régulière : quand on ne parle pas trop des assureurs et de leur système à la noix, on se ramasse 12% dans les dents, et quand on est en pleine période de votation et discussions autour d'une caisse unique, on se ramasse soit 0% soit un tout petit 2%… Dans tous les cas, l'augmentation depuis la mise en place de la LAMal (loi sur l'assurance maladie) en 1996 est d'environ 100%
Pour des prestations et remboursements en baisse, de l'augmentation de publicité, une absence complète de transparence des finances (sociétés privées, n'oublions pas), des effets d'annonce complètement vaseux, et une grogne grandissante. La joie en somme :).

L'organisme censé surveiller les primes étant légèrement déficient (pensez donc, on ne va pas affecter du personnel de l'état pour contrôler les milliers de primes différentes, ça ne touche que le peuple, on s'en fiche, du peuple), avec des manques de droits et pouvoirs flagrants (impossibilité d'imposer une baisse de primes — l'OFSP ne peut imposer qu'une augmentation !), les citoyens en sont réduits à voir passer une bonne part de leur budget familial dans une prime dont ils ne bénéficieront, si tout va bien, jamais des retombées. Tout cela sous l'œil bienveillant de Santé suisse, l'organisme faîtier des assureurs maladie, qui se targue de "défendre les assurés" au travers des assurances — faut pas se leurrer, ils ne défendent que les intérêts de leurs membres fortunés, les assurés étant un poids mort tout juste bon à payer les primes sans rien avoir en retour.

Ajoutons à cela le prix même des soins en Suisse, comme par exemple les médicaments. On arrive à des situations grotesques comme des médicaments suisses produits en Suisse qui sont plus chers dans leur pays d'origine qu'à l'étranger… De qui se moque-t-on ?!

Et c'est au sujet du prix des médicaments qu'une idée d'une luminescence obscure a vu le jour dans l'esprit de Stefan Meierhans, notre surveillant national des prix en tous genres. "Youpi !" pourrions-nous de prime abord crier. Oui, mais… non.
L'idée est la suivante :
de manière à faire baisser les prix des génériques en Suisse (qui sont en moyenne 42% plus cher ici que dans le reste de l'Europe…), les préparations ayant le même principe actif ne seraient remboursées qu'à hauteur du prix du générique le meilleur marché… Sous-entendu : la différence sera à la charge du malade, et tant pis si un des composants du médicament le moins cher ne lui convient pas pour une raison ou une autre ou s'il ne peut simplement pas changer de traitement pour X ou Y raisons que seul son médecin traitant pourra expliquer.

Si l'idée de faire baisser les prix des médicaments est louable (il y a vraiment un abus certain — mais c'est comme 99% de ce qu'on achète en Suisse), la manière me laisse quelque peu perplexe : pour quelle raison l'industrie va-t-elle baisser les prix, vu qu'au final elle touchera la même somme ?
Alors certes, "pour ne pas perdre de parts de marché, elle baissera le prix" — mais ça prendra du temps, et au final on se fera entuber sans vaseline une fois de plus.

On peut ajouter cette idée à la grosse pile des baisses de prestations des assureurs, qui interviennent toutes pour le même motif : faire baisser les coûts, et par là même diminuer l'augmentation des primes. Sauf que cette diminution d'augmentation, le plus sûr moyen de l'avoir, c'est de lancer une votation pour une caisse unique au niveau fédéral : en 2008, l'augmentation a été d'à peine 0.5% — la raison : votation en 2007 pour la caisse unique. En 2003, une votation pour "la santé à prix abordable" a débouché sur une augmentation d'à peine 4.3% en 2004 (l'augmentation en 2003 était de plus de 9%…).
Et, bizarrement, alors qu'on reparle d'une votation sur une caisse unique, les primes n'ont augmenté "que" de 2.2% en moyenne pour 2014 — chiffres sortis ce jour :). Mais on nous avertit déjà que la prochaine hausse sera plus forte.

Le pire, c'est que ces effets d'annonce ont été efficaces, vu que le mouton suisse, transformé en vache à lait pour l'occasion, a voté de telle sorte que le système puisse se maintenir. L'absence chronique de logique est quelque peu affligeante.

On peut compter sur nos chers assureurs pour ne jamais répercuter les 400 à 500 millions d'économie que l'idée de Monsieur Prix permettrait de faire. Les assurés payeront toujours aussi cher, auront toujours leurs augmentations régulières (sauf en cas de votations sur le sujet), et verront leurs prestations diminuer au fil du temps.

D'ailleurs, en parlant de ça, le surplus de primes ne sera, au final, JAMAIS remboursé. Vous savez, ces fameux milliards qui représentent, pour les vaudois, une somme de 900CHF par assuré… Bin on n'en verra jamais la couleur :
- primo, un remboursement sera fait, mais que de la moitié de la somme (et je vous passe l'escroquerie complète sur les modalités du remboursement, ça m'énerve rien que d'y penser)
- deuzio, ça va être une telle gabegie pour rembourser qu'on sera tous morts et enterrés avant de voir arriver le moindre centime

Honnêtement, ces 1.6 milliards, ils auraient été nettement mieux dans la mise de fond d'une caisse unique… Je dis ça, je dis rien.

T, un peu plus désabusé chaque jour.

PS: je ne vous parle pas non plus des 101.6 mios manquants dans les comptes vaudois des assureurs, hein…
 

Silence, on collecte !

ajouté le 26.09.2013 dans Suisse • par SwissTenguCommentaires (1)
Tags: moneyhouse monetas privacy bisnode

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On viens de m'en conter une bien bonne à l'instant :
Vous vous souvenez sans doute de tout le bruit qu'il y a eu à propos de Moneyhouse, du fait qu'ils collectent des données de tout le monde y compris des mineurs, à l'insu des gens etc… Bon. Bin vous ne serez pas surpris de savoir qu'il ne sont de loin pas les seuls.
Et, justement, bizarrement, une de ces sociétés a manifestement envie de se refaire une réputation. Bisnode, propriétaire de la banque de données Monetas, a fait transmettre une lettre à Alexis Roussel, lui demandant de supprimer la mention de Monetas de son article…

Or, petit problème :
- Bisnode ne fournit aucune raison pour cette suppression.
- Alexis Roussel n'a rien dit de mal sur Monetas, il l'a juste citée en proposant aux lecteurs de contrôler s'ils avaient des données, si oui quoi, et de les faire effacer au besoin.

Un bon gros n'importe quoi comme on les aime. D'autant que la lettre est un peuuu… mensongère ?
À moins que ce ne soit Monetas qui ne dise n'importe quoi :
la société Monetas ne publie aucune information sur les personnes privées, il s'agit uniquement de données venant de sources officielles telles que le registre du commerce, FOSC ou offices des poursuites

Le problème : l'en-tête de Monetas :
Firmen- und Personendatenbank der Schweiz und Fürstentum Liechtenstein

On peut aussi aller un peu plus loin, en regardant la liste des sources et partenaires : on y retrouve Zefix (le registre central du commerce suisse), et, sans surprise, Bisnode. Mais aussi, plus bas, Swisscom, cité en tant que "partenaire"… Je ne vais pas m'étendre sur la nébuleuse Swisscom (Billag, Accarda, Medipa/Curabill… etc), mais bref.

Le gros problème que j'ai, c'est que, en Suisse, la limite entre personnes privées et "entreprise" physiques (=humain) et morales (=entreprise) est très ténue : n'importe qui peut dire "j'ai une boîte", sans forcément être enregistré auprès du registre du commerce… On peut leur laisser le bénéfice du doute, ils peuvent se baser réellement que sur Zefix, auquel cas les personnes privées ne sont effectivement pas prises en compte.
Seulement… Ils conservent l'historique complet, sur plusieurs années. Exemple simple : si vous prenez le cas de, au hasard, Alain Jeanneret (que je ne connais pas), vous verrez qu'il n'a plus aucune raison d'être dans ce registre depuis fin 2004, date à laquelle l'entreprise à cause de laquelle il se retrouve là a été radiée

Monetas n'efface donc pas les informations de ce genre. Oui, elles sont encore disponibles aussi sur Zefix ainsi qu'au Registre du commerce neuchâtelois, mais on ne va pas trop pouvoir comparer le référencement d'un site comme Monetas (ou Moneyhouse, plus parlant) avec celui de Zefix, ou du RC neuchâtelois… Monetas en fait trop à ce niveau, une demande d'effacement de ces données fait parfaitement sens. Si on n'a pas envie de dire qu'on a été directeur de telle ou telle entreprise, c'est notre droit. Une entreprise privée n'a pas à ressortir ce type d'historique, même s'il existe dans une arcane administrative quelconque.

Aussi, Monetas cite Bisnode comme source de données. Bisnode, c'est une de ces (trop) nombreuses sociétés privées qui ratissent les avis de poursuites et faillites, et gardent une trace de tout, tout le temps, sans jamais rien effacer. À votre insu, cela va sans dire, ce qui fait que votre droit de regard, de correction voire de suppression n'est pour ainsi dire jamais appliqué : comment demander l'effacement de quelque chose dont on ne connaît pas l'existence ??

Bisnode semble aussi ne proposer ses services qu'au sujet des sociétés. Mais là encore, une personne privée, de part son appartenance à la direction (voire l'actionnariat) d'une société fermée depuis 10 ans peut se retrouver listée, avec un historique pouvant l'empêcher d'accéder à un appartement ou ce genre. Là encore, cette personne ne saura même pas pourquoi on lui refuse son logement, et ne se doutera sans doute absolument pas qu'il s'agit d'un vieux boulet mis en avant par Bisnode (ou toute autre société du genre, cela va de soit).

Le problème de toutes ces sociétés, qu'elles s'appellent Moneyhouse, Bisnode, Monetas, ou encore Deltavista, c'est qu'elles agissent à l'insu des personnes qu'elles fichent. Ces mêmes personnes qui dépendent donc d'entité inconnues pour obtenir certains services dans leur vie courante. Ces mêmes personnes qui se voient refuser des choses sans motif apparent. Ces personnes qui, de par leur ignorance quant à l'existence même de ces fichiers centralisés, ne peuvent pas exercer leur droit de correction voire de suppression de ces registres.

Bisnode a beau jeu de dire "Monetas ne publie rien" — c'est faux. Enfin, non, ils ne publient rien gratuitement, l'accès aux fonctions avancées (et donc intéressantes) est payant (et c'est pas donné).

On peut aussi se demander pourquoi ils demandent à être supprimés du billet d'Alexis. J'aurais une petite idée : ils ont dû recevoir quelques lettres de la part des lecteurs, ce qui a attiré leur attention. En effet, une telle lettre, ça demande que quelqu'un s'en occupe, effectue les recherches et contrôles, réponde etc. Tout cela en recommandé, en plus, si on veut bien faire les choses. Autant dire que ça coûte. C'est peut-être ça qu'il faudrait faire, pour avoir la paix : submerger ces entreprises de courriers et de demandes, auxquelles elles sont tenues par la loi de répondre dans le délais imparti.

Ou alors, on peut aussi soutenir les deux postulats de Jean-Christophe Schwaab, ça vous coûtera moins cher en timbres ;).

T.


PS: j'ai dû faire gaffe à pas écrire Bisounours à la place de Bisnode… Je sais pas pourquoi… ;).
 

Aujourd'hui, on vote

ajouté le 22.09.2013 dans Suisse • par SwissTenguCommentaires (2)
Tags: chvote vaccins armée gssa shop gripen

Aujourd'hui, on vote dans notre beau pays. Les Suisses doivent se prononcer sur trois sujets au niveau fédéral.
Et comme c'est parti... On est bon pour subir ceci :

Vaccination obligatoire à coups de Gripen pilotés par des cours de répétition complètement bourrés, ayant pu se fournir en vinasse et autres alcools dans les shop à 2h du matin.

Bien, la Suisse, très bien.

Fin du communiqué, je file dans un abris anti-cons.

T.
 

La bonne idée

ajouté le 11.09.2013 dans Suisse • par SwissTenguCommentaires (1)
Tags: idée assurance bêtise LAMal

Vous connaissez mon amour pour le système d'assurance maladie suisse : des entreprises privées, censées ne pas pouvoir faire de bénéfice, collectent de l'argent auprès des citoyens et citoyennes pour assurer une couverture minimale des frais médicaux. Vraiment minimale, d'ailleurs, puisque des choses dont on ne peut pas vraiment se passer, comme des lunettes, ne sont pas remboursées pour les adultes, et au compte goutte pour les enfants. De même, les soins dentaires ne sont remboursés que sous certaines conditions, et encore faut-il avoir une complémentaire… Bref, du grand entubage comme on les aime tant.

Il faut aussi savoir que les primes ont tendance à augmenter chaque année de manière très régulière : quand on ne parle pas trop des assureurs et de leur système à la noix, on se ramasse 12% dans les dents, et quand on est en pleine période de votation et discussions autour d'une caisse unique, on se ramasse soit 0% soit un tout petit 2%… Dans tous les cas, l'augmentation depuis la mise en place de la LAMal (loi sur l'assurance maladie) en 1996 est d'environ 100%…
Pour des prestations et remboursements en baisse, de l'augmentation de publicité mensongère, une absence complète de transparence des finances (sociétés privées, n'oublions pas), des effets d'annonce complètement vaseux, et une grogne grandissante. La joie en somme :).

L'organisme censé surveiller les primes étant légèrement déficient (pensez donc, on ne va pas affecter du personnel de l'état pour contrôler les milliers de primes différentes, ça ne touche que le peuple, on s'en fiche, du peuple), avec des manques de droits et pouvoirs flagrants (impossibilité d'imposer une baisse de primes — l'OFSP ne peut imposer qu'une augmentation !), les citoyens en sont réduits à voir passer une bonne part de leur budget familial dans une prime dont ils ne bénéficieront, si tout va bien, jamais des retombées.
Tout cela sous l'œil bienveillant de Santé suisse, l'organisme faîtier des assureurs maladie, qui se targue de "défendre les assurés" au travers des assurances — faut pas se leurrer, ils ne défendent que les intérêts de leurs membres fortunés, les assurés étant un poids mort tout juste bon à payer les primes sans rien avoir en retour.

Ajoutons à cela le prix même des soins en Suisse, comme par exemple les médicaments. On arrive à des situations grotesques comme des médicaments suisses produits en Suisse qui sont plus chers dans leur pays d'origine qu'à l'étranger… De qui se moque-t-on ?!

Et c'est au sujet du prix des médicaments qu'une idée d'une luminescence obscure a vu le jour dans l'esprit de Stefan Meierhans, notre surveillant national des prix en tous genres. "Youpi !" pourrions-nous de prime abord crier. Oui, mais… non.
L'idée est la suivante :
de manière à faire baisser les prix des génériques en Suisse (qui sont en moyenne 42% plus cher ici que dans le reste de l'Europe…), les préparations ayant le même principe actif ne seraient remboursées qu'à hauteur du prix du générique le meilleur marché… Sous-entendu : la différence sera à la charge du malade, et tant pis si un des composants du médicament le moins cher ne lui convient pas pour une raison ou une autre ou s'il ne peut simplement pas changer de traitement pour X ou Y raisons que seul son médecin traitant pourra expliquer.

Si l'idée de faire baisser les prix des médicaments est louable (il y a vraiment un abus certain — mais c'est comme 99% de ce qu'on achète en Suisse), la manière me laisse quelque peu perplexe : pour quelle raison l'industrie va-t-elle baisser les prix, vu qu'au final elle touchera la même somme ?
Alors certes, "pour ne pas perdre de parts de marché, elle baissera le prix" — mais ça prendra du temps, et au final on se fera entuber sans vaseline une fois de plus.

On peut ajouter cette idée à la grosse pile des baisses de prestations des assureurs, qui interviennent toutes pour le même motif : faire baisser les coûts, et par là même diminuer l'augmentation des primes. Sauf que cette diminution d'augmentation, le plus sûr moyen de l'avoir, c'est de lancer une votation pour une caisse unique au niveau fédéral : en 2008, l'augmentation a été d'à peine 0.5% — la raison : votation en 2007 pour la caisse unique. En 2003, une votation pour "la santé à prix abordable" a débouché sur une augmentation d'à peine 4.3% en 2004 (l'augmentation en 2003 était de plus de 9%…).

Le pire, c'est que ces effets d'annonce ont été efficaces, vu que le mouton suisse, transformé en vache à lait pour l'occasion, a voté de telle sorte que le système puisse se maintenir. L'absence chronique de logique est quelque peu affligeante.

On peut compter sur nos chers assureurs pour ne jamais répercuter les 400 à 500 millions d'économie que l'idée de Monsieur Prix permettrait de faire. Les assurés payeront toujours aussi cher, auront toujours leurs augmentations régulières (sauf en cas de votations sur le sujet), et verront leurs prestations diminuer au fil du temps.

T, un peu plus désabusé chaque jour.